19.10.2010

La mémoire de Lluis Companys et des Républicains espagnols réactivée à Saint Cyprien

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Samedi dernier, à Saint Cyprien, l'Association Nationale des Anciens Combattants de La Résistance avait organisé, avec l'aide de la municipalité, une cérémonie au monument élevé par Jean Olibo à la mémoire de Lluis Companys exécuté à Barcelone 70 ans plus tôt et à celle des Catalans engagés dans l'armée française.

Parmi l'assistance très importante, l'on remarquait de nombreux élus locaux, les représentants de nombreuses associations de mémoire, une forte délégation venue de Catalogne et Monsieur le Consul Général d'Espagne.

La Santa Espina, Els Segadors, l'Hymne de Riego et La Marseillaise ont entrecoupé les interventions de Frances Canet (adjoint au maire de Figuères, député ERC aux Cortes et secrétaire du Triangle Blau),  Chantal Semis (secrétaire départementale de l'Amicale des Guérilleros FFI), Georges Sentis (président départemental de l'ANACR), Thierry Del Poso (maire de Saint Cyprien et président de la communauté de communes Sud Roussillon) et Marcel Mateu (vice-président du conseil général).

Marcel Mateu évoqua les derniers jours de Lluis Companys, son arrestation à La Baule le 20 juillet 1940, son incarcération à la prison de la Santé à Paris, son extradition, les tortures subies à Madrid, la parodie de jugement, sa condamnation à mort et son exécution à Barcelone le 15 octobre 1940.

Pour Frances Canet, si l'homme Lluis Companys est mort le 15 octobre 1940, son engagement politique pour le progrès social, la démocratie, pour une Catalogne partie d'une Espagne républicaine et fédérale, sont toujours d'actualité. En conclusion, il a appelé à soutenir l'action menée pour obtenir l'annulation du procès de Lluis Companys et donc sa réhabilitation officielle.

Quant à Chantal Semis, elle a rappelé que le combat des Républicains espagnols contre le fascisme européen ne s'est pas arrêté en février 1939. Près de 10.000 d'entre eux se sont engagés à l'automne 1939 dans l'armée française, de nombreux autres dans les Groupements de Travailleurs Etrangers. Envoyés sur le front, plus de 7.000 d'entre eux ont été faits prisonniers en juin 1940 et enfermés dans divers stalags. Ils en furent sortis et expédiés au camp de Mauthausen sans que le gouvernement de Vichy ne défendent ces soldats portant l'uniforme français. Au camp de Mauthausen, 70 % d'entre eux périrent.

D'autres Républicains espagnols combattirent  l'Occupant et les collaborateurs soit politiquement au sein de la Union Nacional Española soit militairement au sein des Guérilleros FFI ou des FFL. Ils constituaient la 9e compagnie du Régiment de marche du Tchad qui s'illustra à la libération de Paris.

Comment honorer la dette que les Français ont envers ces résistants étrangers ? s'est interrogé Georges Sentis. Une seule réponse : en luttant obstinément contre toute manifestation xénophobe ou raciste. Car, si les premières mesures prises par Vichy au cours de l'été 1940 ont été d'abord xénophobes (création d'une commission de révision des naturalisations dès le 22 juillet), elles ont très vite pris un caractère raciste, antisémite. Ainsi le 1er statut des Juifs prévoyait que « les ressortissants étrangers de race juive pourront être internés dans des camps spéciaux par décisions des préfets ». Mesure que le préfet des Pyrénées-Orientales avait anticipé en regroupant au camp de Saint-Cyprien plusieurs centaines de Juifs belges.

Evoquer ces évènements vieux de 70 ans, c'est rappeler la fragilité de la démocratie et, les idéaux républicains de liberté, d'égalité et de fraternité. Aussi Thierry Del Poso s'est félicité que, au-delà des différences  idéologiques et politiques,  c'est cette volonté de défendre   les droits de l'homme qui avait réuni les nombreux participants de cette cérémonie.

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12.10.2010

Hommage à Lluis Companys

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Avec le concours de la municipalité de St Cyprien, l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance organise, le samedi 16 octobre à 15 heures une manifestation au monument élevé à St Cyprien plage à la mémoire de Lluis Companys Jover,« Président de la Catalogne » et des « Catalans tombés pour la défense de la liberté des hommes et des peuples engagés volontaires dans l'armée française. »

Ce sera l'occasion de rappeler quelques-uns des crimes du fascisme européen :                      
·        L'envoi au camp de Mauthausen des Républicains espagnols engagés dans la Légion ou dans les GTE faits prisonniers en mai-juin 1940. Camp de Mauthausen où 70% d'entre eux périrent.
·        la déportation le 20 août 1940 à Mauthausen de plus de 2.000 Républicains espagnols internés au camp d'Angoulême. A Mauthausen, les hommes furent incarcérés alors que les femmes et les enfants de moins de 16 ans furent refoulés vers l'Espagne franquiste.
·        l'arrestation de Lluis Companys Jover à La Baule en septembre 1940. Livré à Franco, il fut fusillé à Montjuich le 15 octobre 1940.

Rendez-vous ce samedi 16 octobre à 15h au monument élevé à la mémoire de Lluis Companys (rond-point face à l'office de tourisme).